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 Les civilisations du riz

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Thibault Renard

Thibault Renard

Philippe Pinchemel
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Les civilisations du riz Vide
MessageSujet: Les civilisations du riz   Les civilisations du riz Icon_minitimeVen 12 Mar - 2:03

Les civilisations du riz


Dossier que j'ai réalisé cette année avec un collègue :

Thibault Renard : Introduction -- Partie I : A-B (+ schémas) -C -- Partie III : C-D -- Conclusion.
Pierre Changey : Partie II : A-B-C -- Partie III : A (+ tableau)-B -- Croquis et légende.

Introduction


"... Voilà qui démontrerait, s'il en était besoin, que le riz (...) est un personnage compliqué, dont, les historiens d'Occident, nous commençons seulement à deviner les visages multiples. Visages multiples selon les siècles et multiples selon les pays. Mais les lumières historiques à notre disposition sont décidément médiocres." Fernand Braudel, Civilisation matérielle et capitalisme, 1967, p.21. Ce constat, vieux de plus de quarante ans, est toujours d'actualité : peu de publications viennent étayer les méconnaissances occidentales sur ce sujet complexe. Pourtant, le riz remplit de plus en plus nos assiettes. Mais d'où vient-il? Doit-on systématiquement associer l'Asie du Sud-Est au riz? Le terme même de "civilisation" implique un mouvement, une histoire, une évolution qui ne saurait se limiter à des représentations mentales stéréotypées. Au sein même d'une civilisation des disparités subsistent. Pléthore de cultures - de modes de vie -, de systèmes de production et de techniques d'encadrement subsistent indifféremment les uns des autres, parfois sur les versants opposés d'une même colline. Cette multitude de différences au sein d'un même ensemble, qui complexifie considérablement notre étude, laisse d'abord à penser que le terme même de civilisation est inadapté voire généraliste. Ce terme - à l'exception notable de Pierre Gourou récemment décédé - est d'ailleurs de moins en moins utilisé par les géographes contemporains, surtout depuis l'affirmation récente de la géographie culturelle. Aux raisons de cette disparition progressive du terme il y a la connotation colonialiste - civiliser le "sauvage" entre autres - ainsi que la difficulté de voir s'affirmer des aires civilisationnelles dans le contexte de globalisation des modes de vie. Pourtant, on pourrait aisément penser que le riz, de part ses foyers de production originels en Asie et en Afrique, participe à définir des habitudes de consommation, des pratiques culturelles et des formations paysagères spécifiques.

Problématique : Peut-on encore parler de "civilisations du riz"?

Dans un premier temps, nous allons étudier les spécificités des civilisations du riz : ses origines, les paysages et les structures agraires qu'engendre une telle agriculture ainsi que sa consommation traditionnelle. Puis, dans un second temps, il nous faudra voir si cette céréale de civilisations n'est pas en train de devenir une céréale du monde avec entre autres l'ouverture au marché mondial grâce à l'accroissement des rendements dans les foyers originels de production. Les conséquences sociales et écologiques dues à ce phénomène ne seront pas oubliées au sein du développement de notre étude. Enfin, par une typologie, nous allons essayer de dresser un tableau régional du riz afin d'appréhender si, oui ou non, de nouvelles "civilisations" du riz émergent à travers le monde.

I) Le riz, base de l'alimentation pour près de trois milliards d'êtres humains :

A) D'où vient le riz? Qu'est-ce que le riz?


1) Les origines du riz :

La culture du riz est très ancienne. Il semble qu'elle ait été domestiquée depuis 7000 ans av. J.-C. en Chine méridionale puis en Inde. Mais il n'existait pas qu'un seul foyer. On retrouve aussi une ancienne présence de cette culture du riz en Afrique de l'Ouest, dans la vallée du Niger, estimée à 3000 ans av. J.-C. Au départ de cette culture rizicole, aujourd'hui très étendue, il y avait donc deux existences séparées par plus de 8000 kilomètres l'une de l'autre. Ainsi, cette graminée semblait déjà pouvoir créer deux civilisations du riz. Pour cela, il aurait fallu que la présence de cette graminée transforme, influence différemment les territoires où on l'a produite, donnant ainsi , au bout d'une évolution inachevée - car une évolution ne l'est jamais -, des pratiques et des paysages particuliers.

2) Des espèces nombreuses :

Le terme de "riz" vient du tamoul arisi et donc certainement du sud de l'Inde. Parmi les très nombreuses espèces de riz, deux sont cultivées. La première est l'Oryza sativa très répandue en Asie et la plus cultivée au monde. La seconde est l'Oryza glaberrina domestiquée en Afrique de l'Ouest (vallée du Niger). Parmi ces espèces on trouve de multiples variétés différentes. Par exemple, en Inde, on trouve le riz basmati qui a la particularité d'être naturellement parfumé. Ainsi, à l'intérieur même d'une aire de civilisation ayant pour principale céréale le riz, on trouve des différences de variétés et de structures agraires nécessaires pour chacune d'entre elles. La morphologie et les besoins de la plante peuvent donc varier.

3) Le riz : morphologies et adaptation

Il existe deux morphologies différentes pour cette poacée :
- du riz à grains longs produit par exemple en Thaïlande et aux États-Unis. C'est un riz de luxe essentiellement consommé dans les pays du nord.
- du riz à grains courts ou ronds produit par exemple en Italie du Nord et en Espagne. C'est un riz plus populaire, utilisé dans l'alimentation traditionnelle.

La tige du riz peut dépasser les deux mètres de hauteur. Elle transforme donc considérablement le paysage. Les grains sont portés par une inflorescence longue de vingt à quarante centimètres. Les grains sont entourés de glumes et de glumelles. Le riz, ainsi non décortiqué, est appelé riz "paddy".
L'adaptation de la plante à l'environnement est tout de même assez similaire chez toutes les espèces. Il lui faut une température comprise entre 14/15° C et 33/34° C. En plus d'une quantité non négligeable de temps d'exposition au soleil et de chaleur, il lui faut également beaucoup d'eau car cette graminée connaît une évapotranspiration élevée. Par exemple, il faut 1000 litres d'eau pour fournir 1 kilogramme de matière sèche (grains + paille) si c'est un riz fluvial, 5000 litres d'eau par kilogramme si c'est un riz inondé.
Ainsi, la culture du riz nécessite des pratiques agraires particulières.

B) Paysages et structures agraires :

1) Terres à riz sèches :

Ces terres à riz sèches se distinguent des rizières par l'absence d'eau superficielle visible sur les terrains. On trouve deux sortes de terres à riz sèches :

a) Le premier type de terres cultivées sèches est les essarts. Ces cultures sont généralement obtenues par défrichement d'un flanc de colline forestière. Puis on procède à des abattis (arbres coupés et souches mises à feu). Le semis s'opère directement sur les cendres sans intrants chimiques. Ce type de culture n'est ni labouré (semis à la volée) ni irrigué. On cultive ces terres sur brûlis de 1 à 4 ans puis on les laisse au repos pendant une dizaine d'années. Enfin, l'agriculteur répète le procédé un peu plus loin. La présence de la forêt empêche généralement l'assèchement de la culture. Sans araire ni tracteur, on récolte avec une simple houe. On appelle cette production : "riz sec de montagne" ou "riz d'essarts". Cette technique de riziculture est très répandue à Madagascar, en Asie du Sud-Est (Sumatra, Bornéo, Nouvelle-Guinée...etc) et en Inde. Au Npéal, le gouvernement lutte activement contre ce type de procédé et donne même des subventions aux agriculteurs qui reboisent les montagnes.

b) Le deuxième type de terres cultivées est les champs permanents et secs. Ils sont donc généralement cadastrés à la différence du premier type. On les trouve dans les plaines et les collines. Cette agriculture dépend uniquement des précipitations. On peut trouver la présence d'intrants à la différence des essarts mais le rendement reste toujours plus faible que sur celle des champs humides. On trouve ce genre de champs dans tous les pays d'Asie orientale et à Madagascar. C'est un type de mise en culture récent. Par exemple, au Japon, la culture sèche existe depuis 300 ans alors que la culture de rizière existe depuis 2500 ans. On peut se demander si ce type de pratique n'est pas une évolution de l'essartage.

Enfin, il existe un dernier type intermédiaire entre la riziculture sur terres sèches et de rizières. Ce sont les terres à riz semis-sèches. Par exemple on trouve ce type de cultures au Kerala dans l'Onattukara avec un semis direct en avril sur un sol semi-sec grâce aux pluies de "pré-mousson". Début juin, la mousson du Sud-Ouest arrive et submerge ces terres. Cette région connaît 3000 millimètres de précipitations par an, d'où une prédisposition potentielle pour ce type de culture. On l'appelle aussi "système de riziculture semi-aquatique ou semi-sèche". On trouve ce genre de culture, en plus du Kerala, en Corée, à Java et aux Philippines ainsi que dans la vallée de Kathmandou chez les Newars. Les habitants de l'Onattukana nomment cette culture de la même manière que les rizières : "patan", car les eaux demeurent tout de même six mois de l'année sur ces terrains.

2) Terres de rizières :

Les terres de rizières sont des terres à riz recouvertes d'eau pendant une bonne partie de la période de culture. On trouve souvent les termes suivants : "rizières humides", "rizières submergées" et "rizières en eau". Ce sont des pléonasmes. Dans ces rizières on peut trouver crustacés et poissons qui apportent des protéines aux riziculteurs et leur famille. Une rizière est constituée d'une multitude de "parcelles rizicoles" séparées par des diguettes. Seulement, il existe une grande multitude de rizières différentes ; c'est pour cela qu'on lui rajoute des qualificatifs. Pour apprendre à différencier les rizières entre elles, il n'y a qu'un seul critère : l'eau. Il se décompose en trois sous-critères :
- l'hydrologie soit la disponibilité en eau et les mouvements hydriques.
- l'hydraulique soit la présence ou l'absence d'aménagements hydrauliques.
- la topographie qui lui est directement liée.
Il serait cependant improbable de se vouloir exhaustif car chaque grand groupe de rizière pourraient se décomposer en une multitude de sous-groupes. C'est pour cela que nous ne tiendrons pas compte, ici, du sous-critère de topographie. Ainsi, trois grands groupes de rizière sont séparables :
- les rizières simples démunies de contrôle hydraulique.
- les rizières complexes équipées d'un système de contrôle hydraulique.
- les rizières en terrasses dont l'aménagement hydraulique est spécifique.

a) Les rizières simples :

Ces rizières sont démunies de contrôle hydraulique. La nappe d'eau a été et est naturellement présente ou constituée. Ce sont des rizières de marais, des rizières pluviales, inondées et de décrue. Il n'y a aucun aménagement particulier de grande envergure comme des systèmes de drainage et d'irrigation. La majorité des rizières de l'Asie tropicale ont appartenu jusqu'à une époque récente au genre du "pluvial". En revanche, dans les zones tempérées de l'Asie orientale, excepté la Corée, les rizières irriguées sont prédominantes.

b) Les rizières hydrauliquement contrôlées :

Les civilisations du riz Rizier13

Il existe différents types de rizières hydrauliquement contrôlées parmi lesquelles on trouve les rizières irriguées et les rizières assainies. On y ajoute parfois les rizières fluviales protégées par des digues contre les inondations non voulues. Les premières assurent un apport d'eau régulier et paramétré par irrigation ou drainage. Ainsi, la maîtrise de l'eau dans une rizière irriguée est primordiale et, parmi tous les genres de rizières, est la plus perfectionnée. Pour créer ce genre de rizières, cela exige souvent de grands travaux d'aménagement et beaucoup de temps d'entretien. Cela rend la rizière quasi- indépendante des conditions climatiques. Les rizières assainies sont quant à elles des rizières qui ont été créées au moyen de quelque méthode d'assèchement dans des terrains originellement aquatiques ou uligineux ou encore à l'intérieur même des eaux. L'assainissement demande des techniques plus ingénieuses. Les rizières de polder (assèchement d'une partie de l'eau à l'aide de diguettes) sont particulièrement typiques des plaines du centre du japon.

c) Les rizières en terrasse :

Les civilisations du riz Rizier12

La rizière en terrasses a été aménagée par la construction de nombreux gradins sur une colline ou une montagne. Cet aménagement implique un système hydraulique spécifique ayant pour fonction le captage et le ruissellement des eaux - en plus d'une défense contre les glissements de terrain - de manière brutale ou accélérée. Au Népal, les autorités du district de Gorkha essayent par exemple de promouvoir la riziculture en terrasse pour éviter les "pahïros" (glissement de terrain monumental - effondrement d'une partie entière d'un versant) qui sont souvent la conséquence d'une agriculture inadaptée. Les paysages de rizières en terrasses sont un des symboles de l'Asie du sud.

C) La consommation et l'utilisation traditionnelle du riz :

1) La répartition de la consommation :

La consommation mondiale de riz est passée en 1970 de 40Kg/an/personne à plus de 60Kg/an/personne en 2008. On note un léger recul de la consommation en Asie-Pacifique avec 89Kg en 1995, 86Kg en 2005 et certainement 83Kg en 2015. La consommation asiatique reste tout de même la plus élevée au monde. On peut penser que l'accès à de nouveaux produits alimentaires comme les produits carnés diminue la part des céréales dans l'alimentation globale de ce continent. L'augmentation la plus importante se situe en Afrique noire avec une augmentation de 11Kg/an/personne entre 1995 et une projection pour 2015 qui table sur 28Kg/an/personne. Le problème est que cette nourriture est importée d'Asie et que cela nuit aux cultures locales. De plus le riz est surtout une consommation citadine. Pour l'Afrique, il faut inclure les différents apports des aides alimentaires dans le cadre de famines. Par exemple au Sierra Leone, on a vu pendant la décennie 1990 la population privée volontairement de nourriture par les combattants rebelles qui l'emportait pour leur propre usage. Les bourreaux de ce peuple avaient convoqué les médias et les ONG pour exposer la famine qu'ils venaient de créer. Ainsi l'aide internationale est arrivée et ces derniers s'en sont emparé, toujours pour leur propre usage. En 1996-1997, soit dix ans après le début du conflit - et l'année de l'élection présidentielle mettant un terme aux violences - environ, on retrouvait encore des sacs de riz maculés de sang provenant de l'aide internationale sur les marchés de Freetown.
Le reste de la consommation mondiale est bien moindre à celle de l'Asie.

2) Les pratiques culinaires : étude de cas sur le Népal

Au Népal, le riz est omniprésent dans l'alimentation de ses habitants, en particulier dans le zone pré-himalayenne où l'on trouve collines et montagnes moyennes n'excédant pas les 2500 mètres d'altitude. Ces moyennes montagnes sont traversées par une grande quantité de fleuves qui ont une orientation Nord/Sud. Ces dans ces vallées que les rizières - généralement en terrasses - sont nombreuses. Le plat emblématique du Népal s'appelle le Dal Bhat. "Dal" signifie "sauce de lentilles" et "bhat", "riz blanc". On mange ce plat accompagné de légumes au curry et généralement sans viande - trop chère. On mange généralement ce plat à volonté, deux fois tous les jours à 11h00 et à 17h00. On peut aussi le manger qu'une seule fois à midi comme le font parfois les porteurs de trekking. C'est tout de même un repas équilibré car les lentilles apportent des protéines. On peut donc dire que le Népal est intrinsèque à cette supposée civilisation asiatique du riz. On retrouve d'ailleurs ce genre de pratique, avec des différences étatiques, régionales voire locales dans tous les pays d'Asie du Sud et de l'Est.

3) Les autres pratiques du riz :

Le riz, à la différence des autres céréales comme le blé ou le maïs, est très peu utilisé pour l'alimentation des animaux dans le cadre des élevages. Si le grain de riz est essentiellement réservé à l'alimentation humaine il n'en va pas de même pour la tige qui, séchée, est donnée comme fourrage aux animaux. Le riz n'est pourtant pas exclusivement consommé en tant que céréale. Elle peut aussi être transformée afin d'obtenir de l'alcool de riz comme par exemple le Saké au Japon ou plus généralement transformé en bière. Ainsi le riz est omniprésent en Asie, dite civilisation principale de cette céréale. Elle va jusqu'à imprégner la religion taoïste sous forme d'offrandes (gâteaux de riz par exemple). La dimension culturelle du riz atteint son paroxysme au Japon où le gouvernement subventionne la production locale pour lutter contre la concurrence déloyale des céréales produites en Asie tropicale - dont le climat est plus propice à cette culture. Plus significatif encore est la traduction des grandes firmes qui sont autant de symboles du rayonnement économique japonais sur le monde. Par exemple, Toyota veut dire littéralement "belle rizière" et Honda, "rizière principale". Ainsi cette dimension culturelle vient s'ajouter à la dynamique paysagère de ces pays et de leurs habitants qui ont généralement comme point commun de ne pouvoir imaginer se lever le matin sans manger du riz dans la journée.

Le riz structure donc l'espace-temps de ces régions asiatiques plus que partout ailleurs. Mais cette céréale n'est-elle pas en train de s'étendre - par de nouveaux foyers de production et/ou de consommation - ailleurs à travers le globe?

II) Le riz : d'une céréale de civilisations à une céréale du monde ?

A) La "révolution verte" et ses limites

1) Principes et fondements :

La "révolution verte" est à replacer dans le contexte de la seconde révolution agricole. Elle concerne les pays en développement et, chronologiquement, elle s'est développée à partir des années 1960.
Elle présente un certain nombre de points communs avec la seconde révolution agricole des pays industrialisés : l'utilisation de semences améliorées (variétés à haut potentiel de rendement), recours à des quantités importantes d'engrais et de produits phytosanitaires et développement de l'irrigation. Toutefois, elle s'en différencie sur un point important : le recours à la motomécanisation lourde y est très peu fréquent.
A ces trois piliers concernant les intrants s'en rajoute un quatrième plus institutionnel : l'assurance de débouchés pour les agriculteurs et l'incitation à investir pour produire plus. En Inde, la "Food Corporation of India", créée en 1965, achète du riz dans les régions excédentaires pour soutenir les cours (c'est le cas dans l'Andhra Pradesh).
L'irrigation a été primordiale pour l'augmentation des rendements du riz. La culture du riz ne doit plus compter seulement sur les pluies - souvent erratiques - et peut ainsi permettre deux voire trois cultures par an, en offrant de l'eau en saison sèche (Vietnam).
Cependant, la "révolution verte" et sa géographie demeurent très contrastées.

2) Une révolution inégalitaire :

Lancée en Inde dans les années 1960, la révolution verte a surtout été importante en Asie. Elle a d'ailleurs essentiellement touché le blé et le riz. Ainsi les hybrides de riz ont ensemencé plus de la moitié des surfaces en paddy chinois. De même, en Inde, la consommation d'engrais chimiques est passée de 5 à 75 kg/ha en 30 ans.
L'irrigation exige la mobilisation de ressources en eau importantes. En Inde et en Chine, on continue la politique des grands barrages, mais c'est l'essor des puits et des forages individuels qui est la marque de la révolution verte. En Inde, en 2004, l'irrigation souterraine représente 60% des surfaces irriguées. Ces forages permettent de déplacer, en Chine, le centre de gravité du pays vers le nord. Néanmoins, l'irrigation est inadaptée aux agricultures pluviales et aux zones arides.
Par conséquent, la révolution verte touche très inégalement les pays en développement. Le recours à des intrants coûteux nécessite des investissements lourds, ce qui exclut une grande partie des petits et moyens exploitants. Par ailleurs, la culture du riz en Afrique et en Amérique Latine n'a pas bénéficié pleinement de cette révolution. Toutefois, l'amélioration des rendements est notable.

3) L'accroissement des rendements :

Les rendements mondiaux du riz sont passés de 27q/ha en 1980 à 91q/ha en 2009 soit une amélioration de 52%. Cette brutale augmentation ne doit pas masquer de grandes disparités régionales. En Indonésie, les rendements moyens en riz paddy sont passés de moins de 18q/ha en 1966 à 48q/ha en 2006. Au Sénégal, le rendement des rizières "hautes" et "moyennes" est de l'ordre de 8 à 15q/ha. Cependant, il faut noter une tendance globale à la hausse, ce qui amène certains pays à avoir une production de riz excédentaire. L'Inde et la Chine sont ainsi devenus exportateurs de riz.

B) Vers un marché mondial du riz :

Ce marché est beaucoup plus limité que celui du blé puisque seulement 4 à 5% de la production mondiale de riz transitent par le marché mondial.

1) D'une culture de subsistance à une culture d'exportation ?

L'Inde et la Chine ont acquis, grâce à la révolution verte, ce que l'on appelle l'"autosuffisance céréalière". Pourtant c'est la Thaïlande (10 millions de tonnes) et le Vietnam (5 millions de tonnes) qui sont les premiers exportateurs mondiaux. Il convient, à mon sens, cependant, de ne pas parler de culture d'exportation pour le riz puisque ce n'est pas sa finalité principale à la différence du café ou du cacao par exemples.
Ce qui est intéressant, c'est que le riz asiatique sert de plus en plus à nourrir des populations du continent africain.

b) La recours à l'importation dans les pays déficitaires:

Selon Philippe David, le riz produit au Bénin (13000 tonnes) est loin de suffire aux besoins nationaux (54000 tonnes). Le recours à l'importation est par conséquent obligatoire pour subvenir aux besoins des béninois. Ces importations sont rendues difficiles par les périodes saisonnières de limitation des exportations ainsi que par la hausse importante des cours du riz.
En 2007-2008, l'envolée du cours du riz thaï ( de 300 à 1000 dollars/tonne de riz blanchi) a provoqué de nombreuses "émeutes de la faim" en Afrique.
Toutefois, ce riz importé a souvent pour conséquence de concurrencer les producteurs locaux. L'aide alimentaire a également les mêmes effets, ce qui pose des problèmes de débouchés aux agriculteurs locaux.
Les conséquences de la révolution verte et de l'ouverture libérale ne sont donc pas toujours bénéfiques.

C) L'impact de la révolution verte et de l'ouverture libérale :

1) Des inégalités sociales accrues ?

La révolution verte a permis d'améliorer la situation des campagnes dans beaucoup de pays, écartant dans certains cas le spectre des famines (particulièrement en Asie). Comme nous l'avons dit, cette révolution verte a essentiellement profité à ceux qui ont les moyens d'acquérir des intrants.
On a jadis beaucoup accusé la révolution verte d'accroître les écarts sociaux dans les campagnes, en profitant aux plus riches. Il y a du vrai dans cette analyse, mais force est de constater que les conditions d'emploi et d'alimentation sont bien meilleures dans les campagnes touchées par la révolution verte.
Les conséquences environnementales ne sont pas non plus négligeables.

2) L'impact écologique de la révolution verte :

La révolution verte provoque des dégâts écologiques notables. Ainsi, l'utilisation massive d'engrais et de pesticides entraîne une pollution des eaux et des sols.
L'irrigation laisse également des traces notamment en Chine. On y observe une baisse des nappes d'eau souterraines par surexploitation, d'où le projet de détournement de fleuves au nord du pays où le barrage sur le Yangzi est devenu un symbole de cet imperturbable projet. En saison sèche, le fleuve jaune ou la Krishna ne peuvent même plus atteindre la mer.
La controverse des OGM ne saurait faire oublier que pour l'heure, la menace pour les agricultures indienne et chinoise reste l'importante perte en biodiversité des variétés de riz qui disparaissent du fait de la révolution verte.
On peut aussi se demander si le riz connaît une évolution dans sa consommation du fait de l'accroissement de sa production.

3) La consommation du riz :

La controverse autour du concept de transition alimentaire ne doit pas limiter certains constats. La baisse de la consommation de céréales est effective en Chine et en Inde. Leur avance dans la transition alimentaire tient ensuite à la part de la consommation carnée bien supérieure en Chine que dans les autres pays d'Asie du sud et du sud-est - comme nous l'avons déjà dit. Par ailleurs, le blé tend à concurrencer le riz dans certaines régions comme c'est le cas dans le nord de l'Inde.
Si cette consommation tend à diminuer en Asie, il n'en va pas de même dans les pays du Nord dans lesquels elle n'est pas traditionnelle.
En Afrique, l'augmentation des importations de riz et l'aide alimentaire ont contribué à l'augmentation de sa consommation. Cependant, les tubercules (maniocs, ignames, etc.), le mil et le sorgho constituent toujours dans certaines régions la base de l'alimentation.

Ainsi il nous faut dresser une typologie régionale devant la complexité - liée à la globalisation de cette céréale - que l'on pourrait avoir à vouloir distinguer les différents "pôles" ou "civilisations du riz".

III) Le riz dans le monde : typologie régionale.

Le concept même de civilisation renvoie à la notion d'évolution et de diffusion culturelle. Dans le contexte de mondialisation, on peut se demander comment ont évolué les anciennes "civilisations" du riz et si il en existe de nouvelles ?

A) Les grandes régions rizicoles traditionnelles : des civilisations du riz ?


L'Asie du Sud, l'Asie du Sud-est et la Chine totalisent une production de riz de 363 millions de tonnes soit plus de 90% de la production mondiale. La Chine en produit 131 millions de tonnes, l'Inde 87 millions de tonnes, le Bangladesh 22 millions de tonnes et le Viêt Nam 20 millions de tonnes (cf. tableau 1).

Les civilisations du riz Tablea11

La première région productive de la planète se trouve également être la première région consommatrice. Cependant, l'autosuffisance n'est pas toujours atteinte. En effet, certains pays doivent avoir recours aux importations pour assurer leur consommation nationale (les Philippines, l'Indonésie, le Bangladesh...). A l'opposé, d'autres pays sont largement en situation excédentaire comme c'est le cas de la Thaïlande, premier exportateur mondial. Le taux d'autosuffisance y atteint 170%. Dans ces conditions, il semble opportun de parler de civilisation(s) du riz.
Pourtant, la ration individuelle de riz tend à diminuer dans les pays où le revenu par habitant s'est beaucoup élevé au cours des dernières décennies (Japon, Corée du Sud, Taïwan, Hong-Kong, Singapour, Malaisie, Thaïlande). S'agit-il ici d'un pas vers la transition alimentaire? Au Japon, la consommation de riz en kilogrammes par tête et par an est passée de 91 en 1970 à 59 en 2000. A l'opposé, en Asie du Sud, plusieurs milliers de consommateurs augmentent encore leurs achats de riz au fil de l'amélioration de leurs revenus (Chine, Birmanie, Cambodge).
D'une manière générale, la consommation de riz en Asie tend à perdre la place qu'elle détenait autrefois. on peut se demander quel avenir pour cette civilisation du riz?
La mondialisation a t-elle permis, tout de même, l'émergence de nouvelles civilisations du riz ?

B) Les pays du Nord, nouvelle civilisation du riz.

La ration individuelle de riz dans des pays comme la France où les États-Unis s'élève à environ 10Kg/tête/an. On est donc largement en dessous des consommations asiatiques. Pourtant, cette consommation est relativement nouvelle et marque un nouvelle et marque un nouvel attrait des pays du Nord pour cette céréale. La production de ces pays est faible mais non négligeable.
L'Europe produit 2 millions de tonnes de riz par an et le Canada 1 million par an. Pourtant, elle atteint 10 millions aux États-Unis. Ces derniers exportent 3 millions de tonnes de riz par an, mais importent également du riz de luxe. Ce phénomène d'importation de riz de luxe (riz à grain long) est aussi marquant en Europe. Depuis 1985, les États-Unis occupent le second rang des pays exportateurs du monde devant le Viêt Nam. Le troisième de rang depuis 2008.
Le riz irrigué est cultivé en casiers de plusieurs hectares dans le cadre de rizicultures intensives aux États-Unis, dans le sud de l'Europe et en Australie.
Pourtant, la culture rizicole ainsi que la consommation du riz dans les pays du Nord sont trop faibles et trop neuves pour que l'on puisse parler de véritable civilisation du riz. D'autres céréales de civilisation, comme le blé et le maïs, sont prédominants dans l'alimentation.

C) Les régions rizicoles qui subissent la concurrence : une quête d'espérance :

En Afrique, la production locale n'est pas parvenue à suivre l'augmentation de la demande de riz qui progresse au rythme moyen de 5,6% par an entre 1961 et 1992, soit le double du taux de croissance démographique. Les volumineuses importations asiatiques - entre autres - demeurent un fardeau pour les économies nationales et représentent près de 50% de la consommation de riz. Les rizicultures pluviales et de bas fond - très majoritaires en Afrique de l'Ouest - sont généralement démunies de contrôle hydraulique. Le riz est ainsi de plus mauvaise qualité que celui d'Asie. L'importation de riz en Afrique est constituée également de grains casés et ainsi de mauvaise qualité ; des restes en somme...
De plus, la plupart des "émeutes de la faim" entre 2007 et mai 2008 étaient dues à l'envolée du riz thaïlandais. Ainsi, la production locale ne suffit évidemment pas à nourrir la population locale en Afrique de l'Ouest, de l'Est et Australe. Le Nigeria importe 1,6 millions de tonnes par an, le Sénégal 700 000 tonnes par an, l'Afrique du Sud 850 000 tonnes par an. La concurrence déloyale, due à l'extrême pauvreté de ce continent, conduit les autorités à importer du riz, laissant le riz africain dans une économie de subsistance.
Parler de civilisation du riz pour l'Afrique prêche le vrai et le faux car le continent connaît une multitude de cultures différentes (millet, sorgho, tubercules...etc.). Le fait que le Golfe de Guinée est un foyer très ancien du riz pourrait cependant laisser à penser que les pays qui le constituent seraient amenés - un jour ou l'autre - à profiter du potentiel de leur agriculture. En attendant, il faudra, à l'Afrique noire en particulier, trouver la stabilité politique pour se révéler être ou ne pas être une "civilisation du riz".

D) Les nouveaux pôles émergents du riz :

Principalement situés dans l'hémisphère sud, les potentiels nouvelles civilisations du riz semblent cependant restreintes. Au début des années 2000, l'Australie semblait développer cette production. Cependant, depuis, les sécheresses chroniques ont fait des ravages catastrophiques. La production agricole y retrouve les taux de 1920. Le riz, très gourmand en eau, est principalement cultivé dans la vallée de Murray. Le gouvernement australien semble vouloir réinvestir ses fermes agricoles. L'Australie est donc a écarter de notre étude.
Un autre pays semble se distinguer dans le développement de la culture du riz. C'est l'Égypte, le plus gros producteur du Proche-Orient. C'est d'ailleurs ce pays qui connaît les rendements les plus élevés au monde avec près de 10 tonnes à l'hectare (9,48 en 2008). Mais même si les perspectives de production de la F.A.O. semblent excellentes des problèmes subsistent. Le premier d'entre eux c'est que le riz ne supporte pas la salinité et qu'ainsi il ne peut être cultivé que dans la partie inférieure de la vallée du Nil - pas dans le delta. Le second c'est la politique du gouvernement égyptien qui préfère négliger ce potentiel à cause des ressources limitées en eau du pays. Pourtant, de plus en plus d'agriculteurs s'orientent vers la culture du riz car cette dernière apporte des profits supérieurs aux autres cultures du fait de son fort rendement. Ainsi l'Égypte est devenue un exportateur de premier plan. La consommation en Égypte augmente année après année et a atteint en 2000 les 58,6 Kg/an/personne. On peut imaginer que dix ans après cette alimentation a dépassé la moyenne mondiale (60 Kg/an/personne). De plus, de nombreux plats typiques et locaux sont réalisés avec pour principale céréale, le riz. On peut par exemple citer le Ruzz mu'ammar bi-I-tuyur qui est le plat le plus servi dans les restaurants d'Alexandrie. Cependant, peut-on réellement parler de "civilisation du riz" à l'échelle étatique ? Il est vrai que l'Égypte a historiquement été une civilisation à part entière mais est-ce possible pour le riz , Peut-être est-ce un des pôles, civilisations du riz, montant. Quand les pharaons deviennent des riziculteurs...
Reste à voir le dernier pôle que nous avons retenu est qui est situé en Amérique Latine. En effet, les pays du MERCOSUR prennent de l'ampleur. L'Uruguay exporte 800 000 tonnes/an et le Brésil comme l'Argentine exportent chacun 450 000 tonnes/an. La production ne cesse de croître, surtout dans la région brésilienne du Mato Grosso. La production brésilienne se classe au dixième rang des pays producteurs mondiaux avec 13 millions de tonnes/an. La production totale de riz paddy (non blanc) était de 27, 4 millions de tonnes par an sur l'ensemble de l'Amérique Latine et Caraïbes cumulés. Ainsi le Brésil produit un tiers de l'ensemble, suivi par la Colombie (2,6 millions de tonnes/an) et l'Argentine (1,2 millions de tonnes en 2009). Ainsi, les chiffres restent très loin de ceux de l'Asie et sont soumis aux épisodes climatiques d'El Nino environ tous les 4 à 6 ans. Mais peut-on, encore, parler de "civilisation du riz" pour l'Amérique Latine ? Il semble que non, malgré les bonnes perspectives. En effet, l'Amérique Latine et plus particulièrement les pays du MERCOSUR sont certes des pays producteurs de riz mais la consommation de leur population reste tout à fait négligeable comparée à d'autres céréales dont au premier plan le maïs et au deuxième plan le blé.

Conclusion de la typologie :

Cette typologie semble donc mettre en évidence deux choses :
- La nette domination du marché par l'Asie qui fait concurrence à l'autre ancien pôle de domestication, l'Afrique.
- La naissance de nouveaux pays - de nouvelles zones - de production de riz qui ne semblent, pas encore in fine, correspondre à ce que l'on peut appeler : des civilisations du riz (basé sur la production, une histoire, des échanges importants, une consommation dominante de cette céréale et une intégration culturelle des pratiques cultuelles.). L'Égypte semble cependant être un cas isolé.

Conclusion


Pour conclure, on peut donc clairement dire qu'il n'existe qu'une civilisation du riz. On peut ainsi parler de "civilisation du riz" pour ce qui concerne l'Asie du Sud, du Sud-Est et de l'Extrême-Orient. Cette grande aire géographique peut-elle, elle-même, se subdiviser en plusieurs zones bien définies que les structures agraires, les pratiques culturelles liées au riz ou même l'importance de cette céréale dans le mode de vie des populations différencient ? Espace vécu, espace perçu, espace territorialisé et marqué historiquement par cette production distingue l'Asie du Sud, de l'Est et de l'Extrême-Orient des autres zones de production voire de consommation du riz à travers le monde. Peut-on alors se demander si cette civilisation dominante du riz ne s'étend pas plutôt par les mobilités des habitants qui la composent ou qui en ont fait partie intégrante - les diasporas indiennes au Proche-Orient, par exemple, emmènent leur mode de vie avec-elles - ? Ainsi on aurait toujours une seule "civilisation du riz" mais sans cohérence spatiale, comme une nébuleuse mondiale. Le second foyer ancien du riz, en Afrique, va-t'-il réussir à ré-émerger en dépit de la concurrence déloyale asiatique et de l'aide internationale, et ainsi former une deuxième civilisation du riz ?


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MessageSujet: Re: Les civilisations du riz   Les civilisations du riz Icon_minitimeMer 17 Mar - 2:23

Voilà, vous avez le dossier en entier. En espérant que cela puisse vous plaire et vous permettre d'engranger des connaissances!

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MessageSujet: Re: Les civilisations du riz   Les civilisations du riz Icon_minitimeJeu 18 Mar - 19:19

"[...] Par exemple on trouve ce type de cultures au kerala dans l'Onattukara avec un semis direct en avril sur un sol semi-sec grâce aux pluies de "pré-mousson". Début juin, la mousson du Sud-Ouest arrive et submerge ces terres. Cette région connaît 30000 millimètres de précipitations par an, d'où une prédisposition potentielle pour ce type de culture.[...]"
30 mètres d'eau par an, t'es sûr? maxi déjà de 12 mètres à Tchérapundji...
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MessageSujet: Re: Les civilisations du riz   Les civilisations du riz Icon_minitimeJeu 18 Mar - 20:09

C'est une faute de frappe, 3000 millimètres évidemment.

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MessageSujet: Re: Les civilisations du riz   Les civilisations du riz Icon_minitimeJeu 15 Avr - 12:50

http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/Main-basse-sur-le-riz/3100360.html

Voilà un film d'ARTE que je viens de voir sur la crise du riz de 2008. Il explique les causes et les conséquences de cette crise, principalement en Afrique.
La vision de l'Afrique qu'ont certains asiatiques est assez étrange je trouve...

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MessageSujet: Re: Les civilisations du riz   Les civilisations du riz Icon_minitimeJeu 15 Avr - 13:17

je trouve po le film sur la page que tu as donné Anne

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MessageSujet: Re: Les civilisations du riz   Les civilisations du riz Icon_minitimeJeu 15 Avr - 13:49

clique sur (re)voir le film (en rose) à gauche de la page ou alors en haut au milieu sur "Le Film".
Par contre il ne sera visible que jusqu'au 20 avril, ensuite il faudra le télécharger en VOD (payant).

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